Conditions de travail, précarisation, défense du service public: les postiers doivent être entendus !

20 avril 2009 0 Par Francois Asensi
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Le député François Asensi s’est adressé au Secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation

« Monsieur le Secrétaire d’Etat,

Je voudrais attirer votre attention sur la situation des postiers de Seine-Saint-Denis, en grève le 7 avril dernier.

Bien souvent, la Poste est, avec l’école, l’un des derniers services publics d’Etat encore présent dans nos villes. Connaître les personnes de son quartier, faire du lien social, donner un visage humain et proche de la fonction publique d’Etat, tout en remplissant scrupuleusement et consciencieusement sa mission de distribution du courrier :les facteurs sont particulièrement attachés à leur travail. Les facteurs sont très souvent les seuls fonctionnaires d’Etat que côtoient au quotidien nos concitoyens.

Or, la nouvelle organisation de la distribution de la Poste, labellisée « Facteur d’avenir », met à mal les conditions de travail des salariés. Facteurs chronométrés pendant leur tournée, fin de la pratique « un facteur – un quartier » qui garantissait pourtant une proximité entre le facteur et les habitants, hausse de la charge de travail pour compenser les absences des collègues, utilisation de salariés précaires, la situation est aux antipodes de la tradition du service public postal. Cela entraîne-t-il un meilleur service aux usagers ? Rien ne le prouve.

La « sécabilité d’été » est le point sur lequel s’est cristallisé le mécontentement des postiers. Considéré comme un temps creux, il leur est instamment demandé de remplacer les collègues en congés, sans procéder à aucune embauche de saisonniers. Concrètement, la moindre absence imprévue risque de pénaliser les postiers comme les usagers. C’est cette situation que connaissent déjà les postiers tremblaysiens et qui suscite de leur part un mécontentement supplémentaire.

La politique de ressource humaine en flux-tendu engagée par l’entreprise a eu pour conséquence inéluctable de rendre impossible la distribution de tout le courrier. Le plus paradoxal c’est que l’on demande aux facteurs de payer le prix d’une telle gestion du personnel. Ainsi les postiers tremblaysiens ce sont-ils vus refuser la prime que tous les autres postiers du Département ont reçue. Je pense que vous conviendrez avec moi de l’injustice d’une telle punition collective.

Le plan « facteur d’avenir » est la conséquence directe de l’ouverture à la concurrence de la distribution du courrier, imposée par une directive européenne. La flexibilité, la réduction du nombre de fonctionnaires et à terme le démantèlement du service public postal apparaissent en filigrane comme les nouvelles ambitions du groupe.

Monsieur le Secrétaire d’Etat, je voudrais connaitre votre position à l’égard du plan « Facteur d’avenir » et des problèmes manifestes que pose son application concrète. Plus globalement, je souhaiterais savoir quelle est la position de l’Etat, au sein du Conseil d’administration de l’entreprise la Poste, à l’égard de la privatisation rampante dans laquelle s’engage le groupe la Poste.

Autrement dit, le principe d’un service public postal est-il encore une priorité pour le gouvernement ?

Je vous prie, monsieur le Secrétaire d’Etat, croire à l’assurance de mes sentiments respectueux. »


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