Logement social : non aux surloyers !

30 juin 2009 0 Par Francois Asensi
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L’instauration des surloyers importants pour les locataires de logements sociaux aux revenus moyens, en application de la récente loi Boutin, est une véritable atteinte au principe républicain de mixité sociale. Devant la représentation nationale, j’ai demandé au Premier ministre de supprimer ce dispositif et de mettre fin à une politique d’apartheid social.

Question de François Asensi:

« Monsieur le Président,
Mes chers collègues,
Monsieur le Premier ministre

« L’État s’est progressivement effacé au profit du marché et s’est privé des principaux moyens dont il disposait», dans le domaine du logement social.

Ce constat sévère, c’est celui du Conseil d’Etat.

Qui pourra nier le désengagement de l’Etat, avec une baisse de 7% des crédits pour 2009, et parachevé par la suppression du ministre du Logement?

Plus grave encore, la loi Boutin porte atteinte au principe républicain fondamental de mixité sociale.

Avec la baisse des plafonds de ressources en 2010, les familles aux revenus modestes mais suffisants pour vivre seront étranglées par des surloyers de plusieurs centaines d’euros.

Des familles implantées depuis des décennies seront contraintes de quitter leurs appartements HLM, sans aucune garantie de relogement.

Vous chassez ainsi la mémoire de ces quartiers populaires, vous expulsez des leaders de réseaux citoyens et associatifs qui prenaient en charge la vie sociale de ces quartiers et en assuraient la cohésion.

Les débats autour du Grand Paris et d’une nouvelle urbanité ont pourtant forgé un consensus pour combattre la spécialisation des territoires, pour réduire la fracture entre des zones de grande richesse et des zones de relégation sociale.

Comment accepter que votre politique aille à rebours ?

Votre Gouvernement invoque à nouveau le « modèle social français », mais en spécialisant des quartiers pour les plus démunis, il condamne des territoires à être des ghettos de la misère et renforce tous les communautarismes.

Monsieur le Premier ministre, devant une crise financière qui fragilise les solidarités et la cohésion sociale des quartiers populaires, je vous demande de supprimer les surloyers et d’interrompre cette logique d’apartheid social. »


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