Message d’un ami Malien sur la situation de son pays

21 février 2013 2 Par Francois Asensi
Partager sur

Je souhaitais vous donner connaissance du message que vient de me transmettre un ami malien, Bassirou Diarra, à propos de la situation au Mali. Ce grand homme a pendant longtemps été délégué syndical CGT et militant communiste en Seine-Saint-Denis, particulièrement impliqué dans la défense des immigrés vivant dans les foyers. C’est d’ailleurs dans ce combat que je l’ai connu. Il a depuis poursuivi son combat progressiste au Mali, en tant qu’acteur de premier rang de la vie de son pays.

Cher François,

Concernant l’appréciation que je fais de l’intervention Française au Mali et le sentiment des Maliens sur cette action, comme tu peux t’en douter, c’est une appréciation positive et un sentiment de soulagement. L’armée Malienne dans son Etat de putréfaction avancée ne pouvait pas faire face aux rebelles. Même « les forces en attente » de la CEDEAO (qui sont restée très longtemps dans leur attente) ne pouvaient pas, contenir l’avancée des forces djihadistes.

Pour preuve, plus on avance dans la guerre, plus on découvre (au fur et à mesure) la force de frappe et la puissance de feu de l’ennemi. Au regard de tous ça, l’intervention militaire Française a été salutaire pour le Mali et pour le peuple Malien.

Car, sans cette intervention, le Mali serait aujourd’hui sous la coupe des islamistes, des djihadistes et autres narcotrafiquants, qui voulaient faire mains basses sur mon pays. Faire, ainsi du Mali, un sanctuaire djihadiste, obscurantiste contre le monde moderne.

J’ai particulièrement apprécié ton intervention à la tribune de l’Assemblée Nationale Française et je partage totalement, ta prise de position ainsi que tes appréhensions.

C’est pourquoi, je voudrais te dire que le peuple Malien compte beaucoup sur ses amis en France, sur les démocrates et les progressistes Français pour que la France ne pousse pas son avantage et sa supériorité en voulant nous dicter ses volontés, une fois les régions Nord du Mali libérées. Il faut que nous puissions (nous les Maliens) rester maîtres de nos décisions, de nos orientations, de la vision qu’on n’a pour notre pays et de la détermination des nouvelles perspectives pour le Mali. Nous aider à faire respecter notre souveraineté et notre dignité.

Avec les convoitises sur les richesses du sous-sol Malien, les pressions politiques et économiques ne vont pas manquer. Seul un véritable lobby politique en France pourrait freiner cette ardeur.

Bassirou Diarra

Officier de l’Ordre National du Mali
Chevalier de la Légion d’honneur de France


Partager sur