SMIC au rabais: la jeunesse mérite mieux que le mépris!

18 avril 2014 0 Par Francois Asensi
Partager sur

SMIC au rabais : la jeunesse mérite mieux que le mépris !

Le MEDEF et les ultralibéraux n’en finissent pas de remettre en cause les droits et protections des salariés, encouragés par le virage social-libéral du Gouvernement et la victoire de la droite. Désormais dans le viseur, le SMIC.

Pour constituer une réserve de main d’œuvre pas chère, il faudrait abaisser le salaire minimum pour ceux qui entament leur vie professionnelle. Avec ce salaire au rabais pour les jeunes, la France prendrait le chemin des jobs à 1 euro de Gerard Schroeder, alors que même l’Allemagne de Merkel revient en arrière. Ne nous y trompons pas : l’objectif n’est pas de lutter contre le chômage mais de baisser plus encore ce que le grand patronat appelle le « coût du travail », afin d’augmenter les dividendes aux actionnaires.

Quel mépris pour les jeunes ! A 18 ans, ils auraient le droit d’être citoyen à part entière, de voter, de fonder une famille, mais ils seraient traités comme des salariés de seconde zone. Pourquoi vaudrait-on moins parce qu’on est jeune ? Être jeune n’est ni un défaut, ni une incapacité. C’est au contraire une promesse d’avenir pour notre pays.

Les politiques libérales mises en œuvre depuis 30 ans se traduisent par toujours plus de précarité pour la jeunesse, de manque de considération, d’absence de perspective. C’est l’avenir que nous tuons ainsi dans l’œuf.

Pour enclencher la casse du SMIC, le Président du MEDEF n’a même pas eu à lancer l’idée, puisque que le socialiste Pascal Lamy s’en était chargé quelques jours auparavant. Le Parti socialiste, qui n’avait de mots assez durs dans l’opposition pour dénoncer le Contrat Première Embauche de Dominique de Villepin, voit désormais d’un bon œil cette vieille recette de la droite : François Hollande a récemment reçu à l’Elysée trois des économistes plaidant pour la casse du salaire minimum.

Attaque contre les salaires, attaque contre les prestations également : les annonces du Premier ministre Manuel Valls sonnent comme une nouvelle cure d’hyper-austérité.  Le Gouvernement va faire les poches des ménages modestes et des classes moyennes : gel des retraites, gel des allocations logement et des allocations familiales, gel du point d’indice des fonctionnaires… Les prestations sociales vont être gelées pendant 18 mois. Aucun Gouvernement n’avait pris une décision pénalisant autant le pouvoir d’achat des Français.

Les collectivités territoriales subiront également un coup de massue : 11 milliards d’euros en moins, cela signifiera moins de services publics pour la population, et moins de dynamisme économique local, puisque les collectivités représentent plus de 70% de l’investissement public en France.

Le Gouvernement avait annoncé qu’il renégocierait auprès de la Commission européenne le rythme de baisse du déficit. Il n’en est rien. La France est passée à nouveau sous les fourches caudines de la Troika « FMI-Commission européenne-Banque centrale ».

François Hollande disait réorienter l’Union européenne, mais aucune réorientation de l’Europe n’est possible avec un tel carcan d’austérité et l’objectif absurde de réduction du déficit à 3%. Les élections européennes du 25 mai prochain seront décisives pour exprimer un vote sanction contre le système libéral et dire non à l’Europe du chômage et de la finance.


Partager sur