Droits de l’homme en Égypte : une détérioration sans précédent dans l’histoire moderne du pays.

25 janvier 2016 0 Par Francois Asensi
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Alors que l’Égypte connaît actuellement une détérioration du statut des droits humains sans précédent, Francois Asensi (GDR), Noël Mamère (Groupe Ecologiste) et Sergio Coronado (EELV) ont reçu à l’Assemblée nationale Karim Lahidji (Président de la FIDH), Michel Tubiana (Président d’EuroMed Droits), Françoise Dumont (Présidente de la LDH) et le blogueur égyptien, Abderrahman Mansour (photo) sur la situation des libertés et des droits humains en Egypte

Abderrahman Mansour, blogueur égyptien

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Retrouvez l’intervention de François Asensi en ouverture de la Conférence de presse :

Mesdames, Messieurs,
Chers Collègues,

Pour ouvrir cette conférence de presse, je voudrais d’abord remercier ceux qui sont à l’initiative de cette rencontre et les personnes présentes.

Je voudrais aussi saluer, outre mes collègues Noël Mamère et Sergio Coronado, M. Karim Lahidji, Président de la Fédération internationale des droits de l’homme et Michel Tubiana, Président d’Euro Med ainsi que différentes personnalités et militants engagés dans le combat de la défense des droits humains. M. Abderrahman Mansour bien sûr, blogueur égyptien, qui témoignera de la situation aujourd’hui faite en Egypte aux Jeunes de la Révolution, mais également Magda Refaa.

Permettez-moi de revenir un instant sur la situation générale dans ce pays en matière de libertés et de droits.

Il y a 5 ans, le 25 janvier 2011, le peuple égyptien se dressait contre la dictature de Moubarak et exprimait sa volonté d’ouvrir une nouvelle page de son histoire.

Au cœur de ce soulèvement populaire et pacifique, les questions sociales, le chômage, l’état permanent de la répression, la corruption, le népotisme d’un régime discrédité.

Ce mouvement atteint alors une telle puissance qu’il contraignait Moubarak à quitter le pouvoir le 11 février.

La jeunesse égyptienne prit une part prépondérante dans cette révolution. Aujourd’hui, après des phases électorales successives et des périodes de répressions sanglantes, frappant notamment les Frères Musulmans, le pays se trouve, une nouvelle fois, placé sous la coupe de l’armée et de son régime autoritaire conduit par le Maréchal Président Al-Sissi.

La société égyptienne subit une répression générale qui frappe toutes les catégories de la population qui veulent faire entendre leur voix et rappeler les objectifs de la Révolution, voire critiquer le régime : journalistes arrêtés, artistes poursuivis, jeunes révolutionnaires emprisonnés, LGBT persécutés, militants syndicaux et de gauche réprimés.

Les propres lois égyptiennes sont bafouées et la justice placée aux ordres du pouvoir. Des ONG font l’objet de pressions et de tracasseries administratives pour limiter leur activité. Les prisons sont pleines de milliers d’hommes et de femmes, laissés sans jugement. Même la torture est redevenue courante.

Aux yeux du pouvoir, la lutte contre le terrorisme, la mise en œuvre d’une politique ultra-sécuritaire, justifient cette répression qui frappe indistinctement toutes celles et ceux qui portent les espoirs de la Révolution.

Nous, ici, qui avons salué et soutenu ce mouvement populaire dans le plus grand pays arabe, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur la chape de plomb que le pouvoir veut imposer à ce peuple égyptien aux traditions de luttes démocratiques et sociales.

Aujourd’hui, l’Egypte est revenue en grâce dans le concert des relations internationales. La France a retissé des liens politiques et commerciaux avec ce pays dans une région bouleversée par la guerre où la vente d’armes est un marché fructueux.

A l’heure où François Hollande vient d’annoncer un prochain voyage en Egypte en 2016, nous considérons que la question des droits de l’homme et des libertés fondamentales ne peut être exclue des relations diplomatiques entre nos deux pays. Les autorités françaises doivent se faire entendre pour exiger que soit mis un terme à cette politique répressive en faisant pression sur le gouvernement égyptien.

Je vous remercie de votre attention.


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