49.3 et crise de régime !

11 mai 2016 0 Par Francois Asensi
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Déclaration de François Asensi :
“Au cours de ma longue expérience de parlementaire, j’ai rarement assisté à un tel appauvrissement du rôle du parlement. Le coup de force du 49.3, tout comme le simulacre démocratique auquel nous avons assisté lundi soir, illustrent en réalité une crise profonde de régime.
Dans de telles circonstances, l’État n’a d’autres recours face à la crise sociale, politique et démocratique, que de porter atteinte aux libertés les plus fondamentales : libertés syndicales, liberté de manifester, d’occuper l’espace public…
Ainsi, minoritaire à l’Assemblée nationale, le gouvernement bouscule le parlement et impose une loi antisociale, condamnée par une grande majorité des français, par le seul artifice du 49.3, article de la Constitution de la Vème République qui prive le Parlement de légiférer.
Dans une énième démonstration de faiblesse, le gouvernement courbe l’échine devant le dogme d’un libéralisme débridé dont le seul crédo est de s’adapter à une mondialisation capitaliste où seuls les prédateurs financiers ont droit de cité.
Comble dans la guerre idéologique qui oppose les forces de progrès aux forces réactionnaires, ces dernières ont réussi à ce jour à imposer l’illusion que tout progrès passe nécessairement par la soumission de l’humanité à la loi du marché. La loi El Khomri promue par François Hollande s’inscrit pleinement dans ce cycle infernal. Sans vergogne, le gouvernement nous présente ses options comme étant à la pointe de la modernité.
Laisser penser que faciliter les licenciements, précariser le travail et se soumettre à l’appétit des multinationales serait l’alpha et l’oméga d’une politique de l’emploi est une absurdité. L’inversion des normes instituée par cette loi, qui préconise la primauté des accords d’entreprises sur les accords de branche et sur la loi, consacre en réalité la destruction même du Code du travail.
Le discrédit du gouvernement est total ! Après avoir méprisé le dialogue social, le gouvernement s’en prend désormais au dialogue parlementaire.
Imposer cette réforme injuste et rétrograde accentuera à n’en pas douter le désamour du pays avec sa représentation nationale. Pire, la politique du gouvernement continuera d’être un carburant pour l’extrême-droite, qui prospère sur cette crise de régime.”

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