LE PARC DE LA POUDRERIE N’EST PAS A VENDRE !

13 juillet 2018 0 Par Francois Asensi

Deux ans après la formidable mobilisation citoyenne qui avait empêché la fermeture du parc de la Poudrerie, les nouvelles orientations proposées par les différents partenaires institutionnels pour l’avenir du parc suscitent de nombreuses inquiétudes.

Lors d’une réunion sur l’avenir du parc le 3 juillet dernier, l’État a confirmé sa volonté de céder tout ou partie des 8000m2 de bâtiments lui appartenant sur les communes de Vaujours et de Livry-Gargan à des acteurs privés. L’objectif, générer de nouvelles recettes d’exploitation pour réduire la facture annuelle de 900 000€ liée à l’entretien et à la gestion du parc.

Si on peut se féliciter de l’engagement financier des différents acteurs institutionnels pour la dépollution du site et la rénovation de plusieurs bâtiments historiques (Centres nature, Grande halle de Villepinte), la volonté des pouvoirs publics de réaliser des économies budgétaires et de rendre le parc « rentable », au détriment de sa vocation première, celle d’un massif forestier, vient mettre en péril l’intégrité de ce site naturel classé « Natura 2000 ». Ce n’est pas acceptable ! La ville de Tremblay-en-France, qui participe financièrement à l’entretien du parc à hauteur de 45 412€, y est fermement opposée.

Dans un département populaire qui dispose déjà de deux fois moins d’espaces verts que Paris ou les Hauts-de-Seine, la volonté des pouvoirs publics de réaliser des économies se fait sur le dos des habitants de la Seine-Saint-Denis. Je doute que de telles questions se seraient posées pour le parc de Vincennes ou le Bois de Boulogne !

Un parc « rentable », ce n’est plus un parc !

La volonté de l’Etat et des autres partenaires institutionnels de développer des activités de loisirs rentables, confiées au secteur privé, va à l’encontre de l’esprit du projet d’avenir signé par les élus locaux en décembre dernier. La privatisation des franches Nord et Sud du parc n’est pas une option. Les usagers, les élus et les associations de promotion du patrimoine naturel du parc de la Poudrerie (APFP, CORIF…) doivent être pleinement impliqués dans la définition et le choix des grands principes qui conduiront demain à la future gestion du parc ainsi qu’à la création de nouvelles activités.

Avenir du parc : priorité aux actions sociales et culturelles pour nos enfants !

Le projet d’avenir du parc de la Poudrerie ainsi que son protocole de mise en œuvre doivent privilégier la dimension sociale, à travers les centres de loisirs et les activités d’été. Le parc de la Poudrerie est également un lieu de programmation et de diffusion culturelle, (« La belle saison à la Poudrerie du Théâtre Aragon de Tremblay) ainsi qu’un formidable outil pédagogique en matière de sensibilisation aux enjeux de développement durable. Il doit le rester afin que des générations d’enfants et d’adultes puissent continuer à profiter encore longtemps de ce patrimoine vert unique en Seine-Saint-Denis.