PSA: un nouveau plan social déguisé?

5 janvier 2018 0 Par Francois Asensi
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Après la fermeture injustifiable du site d’Aulnay, PSA manifeste de nouveau sa volonté de supprimer des postes, en utilisant désormais une des nouvelles mesures de la loi Travail : la rupture conventionnelle collective.
En bref, un permis de licencier à bas coût !

PSA manifeste de nouveau sa volonté de supprimer des postes à bas prix, en utilisant une de nouvelles mesures de la loi Travail : la rupture conventionnelle collective. Entrée en vigueur fin décembre, elle permet de rompre un grand nombre de contrats à l’amiable, une sorte de plan de départ volontaire avec une procédure allégée, sans aucune obligation de reclassement. En bref, un permis de licencier à bas coût !
Le constructeur automobile convoque les syndicats le mardi 9 janvier prochain, sur son site de Poissy qui totalise près de 5000 employés, afin d’ouvrir les négociations sur ces ruptures conventionnelles collectives.
Cette décision du deuxième constructeur automobile européen fait partie d’un assaut mené à la fois contre l’emploi, les conditions de travail, mais également les acquis sociaux. Cette décision confirme par ailleurs nos mises en garde sur les retombées en terme d’emploi des réformes successives du code du travail et l’inexistence d’une politique industrielle pourvoyeuse d’emplois.
Le choix de PSA est indécent, car si près de 25 000 postes ont été supprimés depuis 2012- dont 3000 en 2017 – sans compter les emplois indirects, le groupe affiche une croissance de 31,4% au dernier trimestre 2017 et de 10,7% sur les onze premiers mois !
Cette décision de PSA n’est en outre pas sans rappeler le lourd bilan de la fermeture du site PSA d’Aulnay en 2012 contre laquelle je m’étais engagé totalement aux côtés des salariés et des syndicats.
Parallèlement, selon plusieurs syndicats, la chaîne d’habillement Pimkie, propriété du groupe Mulliez, célèbre évadé fiscal, devrait prochainement annoncer qu’elle va avoir recours à la rupture conventionnelle collective. La Société générale, malgré ses bénéfices faramineux, l’envisage également.
En somme, des multinationales en pleine santé peuvent désormais procéder à des licenciement sans aucun motif, si ce n’est celui d’augmenter les bénéfices versés aux actionnaires. Un cadeau supplémentaire censé créer des emplois aux côtés des 5 milliards (selon Bercy) d’allègement de l’ISF aux plus riches prévus cette année. Or, cinq ans après le lancement du CICE, qui a coûté près de 48 milliards – dont 126 millions sur 2013-2014 pour PSA-, force est de constater que l’impact sur l’emploi est dérisoire.
Avec les ruptures conventionnelles collectives, véritables plans sociaux déguisés, des milliers de salariés seront laissés sur le bord de la route, notamment les plus de cinquante ans poussés vers la sortie. Des vies et des familles seront brisées par le chômage et la précarité. Dans le cinquième pays le plus riche de la planète, un tel modèle de société n’est pas acceptable.

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