Aucune complaisance avec les écrits antisémites qui portent atteinte à nos valeurs républicaines

10 février 2018 0 Par Francois Asensi
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Gallimard envisage de publier en 2018 un volume rassemblant des textes antisémites et racistes de l’auteur publiés entre 1937 et 1941. Si les grandes œuvres de Céline, créateur d’un nouveau langage poétique populaire, sont au panthéon de la littérature française, ses pamphlets ne relèvent ni de la même qualité littéraire, ni d’une valeur historique suffisante justifiant leur réédition. En somme, il s’agit d’une réhabilitation illégitime et dangereuse à l’heure où la recrudescence des actes antisémites est très liée à l’actualité.

Publiés à l’aube du cataclysme de la Seconde Guerre mondiale, les écrits en question s’attaquent exclusivement à la communauté juive avec une virulence et une violence extrême, dans un contexte effroyable, celui du déchaînement de la violence des nazis et de leurs complices. Ces écrits ont d’ailleurs constitué le terreau de l’antisémitisme français à cette époque. L’auteur fut notamment condamné pour diffamation à la fin des années 1940.

Or, par volonté de l’auteur, ces pamphlets n’ont jamais été réédités en France depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. On peut alors se demander ce qui justifie le fait pour un éditeur de déroger à la décision de l’auteur.

De plus, il est question que l’ouvrage soit accompagné des notes utilisées dans la réédition québécoise, lesquelles sont dénoncées comme étant très insuffisamment critiques ! De fait, les exemples ne manquent pas dans le passé où des parutions antisémites ont fait la preuve de leur efficacité, séduisant ou convertissant à la haine des milliers de lecteurs. Dernier exemple en date Outre-Rhin, où pas moins de 100 000 exemplaires de Mein Kampf ont été vendus en 2016.

Dénoncée par de nombreuses personnalités du monde universitaire ou militant, la réédition de ces pamphlets constitue une provocation indécente et malsaine de la part de Gallimard qui ne peut conduire qu’à raviver la stigmatisation de la communauté juive.

L’antisémitisme est un poison de la société française, qui, quel que soit l’endroit où il s’exprime, fusse dans les cercles intellectuels, est parfaitement inacceptable.


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