Supprimer la ligne 17, ce serait mettre en péril les Jeux Olympiques 2024 !

23 janvier 2018 0 Par Francois Asensi
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Dans un rapport rendu mercredi 17 janvier, la Cour des Comptes dénonce le dérapage des coûts de construction du futur réseau de transports en Ile-de-France. Le gouvernement, qui parle déjà de revoir à la baisse le « chantier du siècle », dans son calendrier et son dimensionnement, risque fort de reprendre à son compte le rapport de la juridiction financière pour justifier l’abandon de certaines lignes, pourtant essentielles pour l’avenir de la métropole.

La Cour des Comptes appelle en outre à réviser le périmètre du projet «Grand Paris Express », estimé à 38 milliards d’euros, laissant présager les pires craintes pour la réalisation des lignes et 16 et 17.

D’aucuns parlent déjà d’abandonner le tronçon nord de la future ligne 17, qui doit desservir le parc d’activité international du Parc des expositions et l’aéroport Charles de Gaulle. Capitale pour l’obtention et la réussite des Jeux Olympiques Paris 2024, elle représente pourtant un formidable atout pour le développement économique du Grand Roissy et pour réduire la fracture territoriale dans le Nord-est francilien.

Cette ligne d’utilité publique, inscrite dans le projet olympique de Paris et validé par le CIO, est indispensable. Prévue au départ de l’aéroport Charles de Gaulle, identifié comme le premier lieu d’accueil des visiteurs internationaux, elle doit relier directement les principaux sites olympiques en quinze minutes. Sans la ligne du corridor aéroportuaire, il faudra plus d’une heure de trajet pour se rendre sur les différents sites olympiques, dans des conditions précaires, comme le soulignait le président du Comité d’organisation des Jeux de Paris 2024 (COJO), Tony Estanguet, devant le Sénat, mardi 16 janvier dernier : « Si certaines lignes ne sont pas livrées, cela va nous poser de grosses difficultés, et je pense notamment à la ligne 17, qui couvrira le territoire du Bourget, noyau stratégique de cet événement ».

Alors que les Jeux Olympiques doivent être porteurs d’une formidable dynamique pour inscrire durablement nos territoires dans la modernité et répondre aux enjeux territoriaux qui sont les nôtres, les arbitrages financiers du gouvernement ne peuvent se faire au détriment de la ligne 17, déclarée d’utilité publique.

La ligne du corridor aéroportuaire doit desservir le territoire du Grand Roissy, premier pôle économique d’Ile-de-France. La création de 130 000 emplois supplémentaires, à travers vingt-cinq nouveaux projets de développement à l’horizon 2025, doit être accompagnée d’infrastructures ferroviaires, au risque de mettre en péril ce formidable dynamisme économique.

La ligne 17 doit contribuer à transformer notre territoire de transit à celui de destination, et jouer le rôle de moteur du développement économique et écologique d’un bassin de vie qui souffre de la fracture territoriale, frappé par un fort taux de chômage. Elle représente un outil indispensable pour réduire les inégalités territoriales dans le Nord-francilien. Elle répond à un nécessaire rééquilibrage entre l’Ouest et l’Est parisien et renforcera les possibilités d’accès à l’emploi pour les habitants de nos territoires, au cœur du principal pôle économique créateur de richesse en Ile-de-France.


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