SOUTIEN AUX PERSONNELS DES EHPAD

30 janvier 2018 0 Par Francois Asensi

« Nous ne savons pas qui nous sommes si nous ne savons pas ce que nous serons : ce vieil homme, cette vieille femme, nous reconnaissons-nous en eux ? Il le faut si nous voulons assumer dans sa totalité notre condition humaine.». Je partage totalement ces mots de Simone de Beauvoir à propos de notre humanité commune.

Les salariés des maisons de retraite et le personnel des services d’aide à domicile font aujourd’hui grève dans toute la France afin de protester contre mise en œuvre de la réforme de la tarification des EHPAD et la dégradation inacceptable de leurs conditions de travail. Je tiens à en profiter pour tirer un coup de chapeau à toutes ces femmes et ces hommes qui se dédient à l’accompagnement des personnels âgées avec dévouement et empathie, dans des situations souvent douloureuses.
Manque cruels de moyens, sous effectifs criants, horaires à rallonge, faibles revenus pour des tâches physiquement et moralement épuisantes … les personnels sont aujourd’hui à bout, en témoigne notamment les chiffres. L’absentéisme dans ces professions est 1,3 fois plus important que la moyenne constatée dans le secteur de la santé et l’indice de fréquence des accidents du travail est 2 fois supérieure à la moyenne nationale, toutes activités confondues. Un chiffre même supérieur au monde du bâtiment et des travaux publics !

Alors que le Plan solidarité grand âge adopté de 2007 prévoyait « un salarié par résident », fin 2015, pour les 728 000 personnes vivant dans un établissement d’hébergement spécialisé, on compte seulement 500 000 accompagnants. Or, l’amélioration de l’accompagnement, des services et des soins envers les personnes âgées est fondamentalement indissociable de l’amélioration des conditions de travail des professionnels.

Le refus de l’abandon de la réforme du financement des maisons de retraite médicalisées est également l’une des principales causes de la mobilisation des personnels des EHPAD. Cette dernière prévoit de nouveaux modes de calcul des budgets en fonction des caractéristiques des personnes accueillies. Or, cela va revenir selon les syndicats, à faire perdre des centaines de millions d’euros aux établissements publics et ainsi conduire des structures à réduire le personnel.
Dans un sursaut tardif, la ministre de la Santé a annoncé la semaine dernière le déblocage de 50 millions d’euros supplémentaires –soit à peine 2 500 emplois sur les 200 000 nécessaires- et la mise en place d’un plan en faveur des EHPAD piloté par les ARS. Ces propositions sont encore un pansement sur une jambe de bois.

Plus que jamais, le respect de la dignité des personnes âgées doit être au cœur de notre modèle social et devenir une priorité des pouvoirs publics.
Dans une France 5ème puissance économique mondiale, qui veut être une société pleinement moderne, nous ne pouvons pas nous satisfaire de la situation actuelle. Je pense à ces milliers de familles souvent confrontées à des choix douloureux ou à l’impossibilité de trouver des accueils satisfaisants pour leurs aînés, à des tarifs abordables.