Surpopulation carcérale : une situation contraire aux droits humains fondamentaux

7 avril 2017 0 Par Francois Asensi
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La situation des prisons et des maisons d’arrêt françaises reste très préoccupante. Déjà en 2016, dans un rapport du conseil de l’Europe de mars 2016, la France était pointée du doigt quant à la question de la surpopulation carcérale. Notre pays est en effet un des plus mauvais élèves en la matière : sur les 47 membres du conseil de l’Europe, la France se classe au 42ème rang.
L’Ile-de-France est particulièrement touchée par cette problématique, ce que j’ai pu une nouvelle fois constater lors de la visite du président de la République à la maison d’arrêt de Villepinte. Je salue l’action de Léa Poplin, directrice de l’établissement, qui a tiré la sonnette d’alarme et alerté les pouvoirs publics, en annonçant qu’elle ne pouvait plus accueillir de nouveaux détenus. L’exemple de la maison d’arrêt de Villepinte illustre le retard criant pris par la France en matière de surpopulation carcérale. Le nombre de détenus dans les prisons a atteint un nouveau pic le 1er mars 2017, avec 69430 personnes incarcérées. Ce chiffre se traduit par une surpopulation dans l’ensemble des maisons d’arrêt : à Villepinte, le taux d’occupation est de 201%, soit 1132 personnes pour seulement 582 places.
Les conséquences sont lourdes : la promiscuité engendre des tensions entre codétenus ou avec le personnel de surveillance, empêche les détenus d’accéder à un travail ou une activité en prison, limite l’accès aux soins… Détenus et surveillants pâtissent ensemble des conditions dégradées d’incarcération, qui empêchent de développer de vraies politiques de réinsertion. Selon le syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS), la maison d’arrêt de Villepinte est au bord de la rupture : les détenus dorment à 3 ou 4 par cellule, sur des matelas à même le sol, voire sont logés dans le quartier des mineurs. Je salue à ce titre le travail remarquable de la directrice, de son équipe et de tout le personnel de surveillance, qui travaillent ensemble à réduire les tensions dans cet établissement.
Les tares du système carcéral français ne sont pas acceptables dans un État de droit. A l’incarcération, il faut privilégier la prévention et les alternatives à la prison. Je m’inscris totalement dans la « révolution culturelle » défendue par le député Les Républicains Jean-René Lecerf : la seule construction de places de prison supplémentaires ne constituera pas une solution viable. Le tout-carcéral doit être remplacé par des peines alternatives à la prison, qui doit rester le dernier recours. Aujourd’hui, l’urgence est à la rénovation des prisons, pour garantir la dignité humaine et assurer la socialisation des détenus.
La municipalité de Tremblay-en-France s’est engagée dans cette voie, en ouvrant 7 postes pour l’accueil des travaux d’intérêts généraux (TIG). Cette alternative à l’incarcération a une véritable utilité sociale : elle favorise la réinsertion sociale et professionnelle, tout en permettant de limiter la récidive, alors que 61% des personnes qui sortent de prison sont recondamnées dans les cinq ans.

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