Un nouveau rapport confirme: la finance française ne s’est jamais mieux portée que maintenant !

6 juillet 2017 0 Par Francois Asensi
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Un nouveau rapport, publié aujourd’hui par le cabinet Ricol Lasteyrie Corporate Finance, confirme une tendance que l’on sait déjà ancienne : la finance française ne s’est jamais mieux portée que maintenant !
Avec 77 milliards d’euros de résultat net en 2016, le CAC40 peut se réjouir du contexte économique actuel. Si on pourrait souhaiter que la somme profite à l’économie réelle, le rapport donne une réponse claire : les actionnaires ont augmenté leurs dividendes à 46 milliards d’euros, la somme la plus élevée de la décennie. Mieux encore, cette tendance devrait se poursuivre dans les mois qui viennent !

Ces marges en hausses constantes ne sortent pas du néant, et il est évident que le très couteux dispositif du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) mis en place sous François Hollande en 2013 ainsi que le fameux « pacte de responsabilité », tous deux inspirés par Emmanuel Macron quand il était secrétaire général adjoint de l’Elysée, ont été des facteurs clés. Le précédent gouvernement, dans la continuité duquel Edouard Philippe va s’inscrire, a confié 1% du PIB, une somme colossale, à de grandes entreprises sans aucune forme de contrôle, somme qui est visiblement utilisée pour enrichir ceux qui sont déjà favorisés. Alors que le nouveau Président nous accable de son dogme de la « réforme » et du changement, rien ne semble vouloir être fait pour que l’argent public soit enfin destiné à l’économie réelle et à la création d’emplois.
Pourtant, nous savons bien, sur nos territoires, à quel point l’obsession du profit financier des grands groupes est nocif. PSA Peugeot-Citroën, dont la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois a créé une plaie béante dans notre territoire, engrange en 2016 1,7 milliard d’euros de bénéfices. Le groupe prospère, alors que notre territoire Paris Terres d’Envol a perdu l’équivalent de plusieurs millions d’euros de recettes fiscales à cause de cette fermeture injustifiée, que les 3000 salariés vivant pour beaucoup dans les villes du département ont perdu leur emploi, et que des centaines d’anciens salariés sur nos villes peinent à obtenir les compensations promises. PSA a même recommencé à verser des dividendes à ses actionnaires, en utilisant les marges dégagées au prix de plans sociaux et de vies sacrifiées au sacro-saint profit financier.
Nos populations sont une fois de plus ignorées des puissants qui s’enrichissent de plus en plus. Alors que la présidence Macron s’annonce comme la suite de la casse sociale généralisée mise en place par François Hollande, c’est un vrai plan de financement des PME et TPE qu’il faut déployer dans nos villes, doublé d’un contrôle de l’Etat sur ce qui est fait de l’argent public : enfin l’économie serait au service des plus fragiles et pas de la gloutonnerie de la finance.


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