SNCF : plutôt que le démantèlement, reconstruire un grand service public

4 août 2017 0 Par Francois Asensi
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La pagaille qu’a connue la gare Montparnasse met en lumière, une nouvelle fois, les insuffisances de la stratégie de la SNCF validée par l’État actionnaire.
Ironie du sort, la panne à l’origine de ces dysfonctionnements est la conséquence des travaux sur les nouvelles lignes à grande vitesse (LGV) reliant Paris à Bordeaux et Rennes.
La politique du tout TGV touche ici ses limites. Les quelques dizaines de minutes gagnées à coups de milliards n’ont pas réduit le chômage ni accéléré l’activité économique. Le choix de relier les grandes métropoles et de faciliter les déplacements des cadres de grandes sociétés a été érigé en priorité par la SNCF.
Ces options vont à l’encontre d’une politique d’aménagement du territoire « gagnant-gagnant » pour tous et singulièrement pour la France rurale et les villes moyennes de province.
Il est urgent d’opérer d’autres choix de service public : investir dans la maintenance et l’entretien des infrastructures régionales, oubliées depuis 30 ans et dont l’âge atteint le double de celui des mêmes équipements en Allemagne.
Alors que le transport ferroviaire est de très loin le plus écologique, 30 000 postes de cheminots ont été supprimés depuis 2003, et la saignée continue. Cet abandon depuis plusieurs années, notamment au profit du transport routier et des cars, est un choix clairement libéral.
Et voilà que resurgit la fausse bonne idée de la privatisation ! C’est exactement l’inverse dont la SNCF a besoin : les problèmes qu’elle rencontre sont la conséquence directe d’une gestion qui s’inspire de celle du secteur privé. Une privatisation ne fera qu’aggraver la situation en privilégiant uniquement les lignes les plus rentables, créant un service du rail à deux vitesses selon le pouvoir d’achat des usagers.
Ne perdons pas de vue l’exemple de la Grande Bretagne, où la privatisation dans les années 1990 a mené au chaos qui a obligé à une renationalisation partielle ! Outre-Manche, le prix du billet est 6 fois plus élevé qu’en Europe et 58 % des britanniques sont favorables à une nationalisation totale.
Être attachés au service public ne nous exonère en aucun cas d’être exigeant – au contraire – et de lui assigner des impératifs d’adaptabilité, de continuité et d’accessibilité. Il faut conforter la SNCF, grande entreprise publique, dans ses missions d’intérêt général au service de tous les usagers.

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