SYRIE : FAUTEURS DE GUERRE ET NOSTALGIQUES DU MONDE ANCIEN

16 avril 2018 0 Par Francois Asensi

Alors que la France, aux côtés des Etats-Unis et du Royaume-Uni, vient hâtivement de riposter après une attaque chimique au chlore meurtrière imputée au régime de Bachar el-Assad, j’appelle ici à s’interroger sur le fondement, la logique de cette intervention et ses conséquences.

En possession de preuves, la troïka occidentale n’en a pourtant publiquement donné aucune à ce jour. C’est d’ailleurs possiblement une des raisons pour lesquelles d’autres pays alliés se sont bien gardés de participer aux bombardements des sites de production d’armes chimiques, dans la nuit de vendredi à samedi.

Rappelons que cette intervention constitue une violation pure et dure du droit international et de l’ONU. Décidée unilatéralement entre trois puissances nostalgiques d’un Vieux monde où régnait l’impérialisme et son succédané, le colonialisme, cette riposte est le symbole d’un paradoxe narcissique : la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni se font les chantres du droit international alors même qu’ils osent s’en affranchir et le bafouer. De plus, ils sont intervenus alors même qu’une enquête diligentée par les experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, organe dépendant de l’ONU, visant à prouver la responsabilité du régime, devait débuter samedi matin !
La nature punitive de cette riposte, dans l’ombre de l’OTAN, fait poindre une dangereuse escalade militaire du conflit, notamment avec la Russie. Cette intervention laisse un arrière-goût de guerre de civilisation, dans laquelle la France apparaît comme un supplétif des États-Unis de Donald Trump et participe de plus à nourrir des relents de la politique des blocs, dont le peuple syrien est l’otage.

Souvenons-nous un instant des raisons officielles de la guerre en Irak. Les mensonges d’Etat américain ont tous été réfutés, mais cette guerre a fait des centaines milliers de victimes. Souvenons-nous également des conséquences destructrices et déstabilisatrices de la guerre menée en Libye, en violation du mandat confié par le Conseil de sécurité de l’ONU. Cessons de rajouter du chaos au chaos. Une riposte militaire n’est pas une réponse constructive.
La France ne doit pas se renfermer dans cette démarche. La France doit être un facteur de paix et doit, comme l’a déclaré le Président allemand ce week-end, contribuer à ce qu’un dialogue soit établit avec la Russie.
Depuis trop longtemps perdure ce conflit. Depuis trop longtemps des milliers de civils en sont les victimes.