Maurice Audin : Le crime d’État enfin reconnu !

13 septembre 2018 0 Par Francois Asensi

Il aura fallu attendre 61 ans pour qu’un président de la République française reconnaisse enfin la responsabilité de l’État dans l’assassinat de Maurice Audin, jeune mathématicien et militant communiste. Après plus d’un demi-siècle de déni, la France regarde en face l’une des pages les plus sombres de son histoire coloniale.

Le président de la République y engage la responsabilité de l’État en soulignant que la mort de Maurice Audin « a été rendue possible par un système légalement institué : le système « arrestation-détention », mis en place à la faveur des pouvoirs spéciaux qui avaient été confiés par voie légale aux forces armées à cette période ». C’est la première fois que la République reconnaît que les exactions et la torture ont été commises avec l’aval des autorités politiques de l’époque.

Le 11 juin 1957, cet ami du peuple algérien, jeune père de 3 enfants, a été brutalement arraché aux siens par l’armée française. Torturé, il est assassiné pour l’exemple par le 10e régiment de parachutistes du sinistre Paul Aussaresses.

Maurice Audin est l’une des victimes de la torture pratiquée à grande échelle pendant la Guerre d’Algérie. Comme Fernand Iveton, militant communiste guillotiné par la justice militaire française, Maurice Audin a été broyé par la féroce machine répressive de la Bataille d’Alger.

Cette reconnaissance officielle est une précieuse victoire pour tous les progressistes qui n’ont jamais abandonné la mémoire de Maurice Audin. C’est dans ce sens que je me suis engagé depuis que je suis élu, à la fois en tant que député à l’Assemblée nationale, mais également en tant que maire. En 2014, c’est avec émotion que j’avais inauguré une « Esplanade Maurice AUDIN » dans le centre-ville de Tremblay en présence de Madame Audin et d’un de ses fils, Pierre. Un moment fort qui a permis de valoriser la force de l’engagement de Maurice Audin, fervent militant anticolonialiste.

Cette reconnaissance est une formidable victoire pour sa famille, qui a subi pendant plus de soixante ans la double peine de la disparition et de l’injustice. La France devait la vérité au peuple Algérien. Ce n’est que sur la Justice que l’amitié entre nos peuples n’a de sens. Elle la devait enfin au peuple français, car aucune démocratie ne peut se satisfaire du silence sur des pages si sombres de son histoire.

(Photo : Inauguration de l’esplanade Maurice Audin le samedi 30 novembre 2014 par François Asensi, député-maire de Tremblay-en-France, en présence de Josette Audin, veuve de Maurice Audin, de son fils Pierre et des élus du Conseil municipal.)