IL Y A URGENCE A INVESTIR DANS LE RER B

18 décembre 2018 0 Par Francois Asensi

Comme le relate l’article du Parisien 93 d’hier, les associations de voyageurs de la ligne du RER B se mobilisent pour demander que la modernisation de la ligne du RER B s’accélère, pour qu’enfin les 900 000 voyageurs quotidiens de la ligne cessent de payer les conséquences de plus de 30 ans de sous-investissements.

Retards au travail, à l’école, à l’université, à un entretien d’embauche, trains bondés … en 2017 les passagers des RER B sont les moins bien lotis de France avec 7 % des trains annulés. Ce chiffre témoigne une nouvelle fois de la nécessité, toujours urgente, d’investissements massifs sur la ligne B du RER. Le renouvellement intégral du matériel roulant, les travaux d’amélioration des infrastructures et du système, ainsi qu’à terme, le doublement du tunnel de Châtelet sont des priorités absolues.

On ne peut pas d’un côté demander aux Franciliens d’avoir moins recours à la voiture, et de l’autre ne pas proposer une offre alternative de transports en commun de qualité.

Or, encore une fois, le RER B fait figure de parent pauvre des transports en Ile-de-France avec un matériel roulant datant de 1985, soit le plus vieux des lignes RER. A titre de comparaison, avec seulement un quart de voyageurs en plus par jours, le RER A a pourtant bénéficié de 4 fois plus d’investissements ces dernières années. Le trafic du RER B est même équivalent à 1800 TGV par jour ! Il faudra néanmoins attendre 2025 pour que débute le renouvellement des trains du RER B, pour se conclure au mieux fin 2029, c’est-à-dire dans plus de dix ans ! En attendant, la rénovation esthétique des anciennes rames du RER B, elle, s’éternise. Lancée il y a cinq ans, elle devrait encore prendre plus de deux ans.

Cette modernisation tardive n’est pas à la hauteur des enjeux. L’appel d’offre pour les nouveaux trains ne prévoit qu’une augmentation minimum de la capacité de 20%, ce qui permettrait à peine d’absorber la surcharge actuelle de la ligne. De plus, il est peu probable que cela suffise au regard de tous les projets d’envergure et de la densification urbaine aux abords de la ligne.

Parallèlement, le gouvernement a décidé de retarder la construction du tronçon nord de la ligne 17, qui desservira les Vieux-Pays de Tremblay et de Villepinte, et qui sera donc le dernier à être construit pour 2029, encore une fois dans plus de 10 ans !

Face à cette situation, il est donc impensable que le chantier du CDG Express – cette liaison ferroviaire reliant l’aéroport Charles-de-Gaulle à Gare de l’Est qui transportera 36 fois moins de personnes par jour- vienne détériorer davantage le quotidien de centaine de milliers de voyageurs. Des garanties concrètes concernant les conséquences du chantier de ce train sur la circulation du RER B doivent être présentées.

Que ce soit en tant que député sur les bancs de l’Assemblée ou en tant que maire, cela fait de nombreuses années que j’interpelle sur la nécessité d’investissements massifs en faveur de la modernisation la ligne du RER B. C’est suite à la mobilisation des élus et des habitants que le schéma RER B Nord + avait été obtenu et avait permis des progrès dans les gares de la ligne. Sa mise en œuvre n’a cependant pas permis de résoudre les problèmes structurels de cette ligne, liés au vieillissement des infrastructures et à l’augmentation de la fréquentation de 35% sur la dernière décennie.
J’appelle donc une nouvelle fois à ce que la ligne du RER B soit une priorité pour les pouvoirs publics, au vu des graves dysfonctionnements quotidiens dont pâtissent 900 000 voyageurs, et au vu également de l’enjeu économique de cette ligne au cœur de l’avenir du Grand Paris.