CDG EXPRESS – La force comme réponse à la mobilisation des élus et des citoyens

12 février 2019 0 Par Francois Asensi
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Alors que l’opposition grandit contre la réalisation du CDG Express et qu’une concertation a été engagée pour déterminer l’opportunité ou non du maintien de cette liaison ferroviaire directe entre Paris et l’Aéroport Charles de Gaulle, l’État cherche à passer en force et met à mal la concertation.

Hier, la ministre des Transports a signé le contrat de concession du CDG Express pour sa réalisation alors que la concertation initiée par le préfet de région, Michel Cadot, est toujours en cours et que l’étude d’impact des travaux et de l’exploitation d’une telle ligne n’a toujours pas de réponse. Plus grave encore, alors qu’élus et citoyens manifestent pacifiquement leur opposition au projet depuis plusieurs jours sur le futur site du chantier du CDG Express à Mitry-Mory et qu’une réunion de concertation doit avoir lieu la semaine prochaine en présence du préfet de Région, les forces de l’ordre sont intervenues ce matin contre les manifestants.
Je condamne fermement ce passage en force de l’Etat qui rend caduque la concertation et j’apporte tout mon soutien aux élus et aux citoyens présents, notamment Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory.

Les habitants de notre territoire, qui demandent que priorité soit faite aux transports du quotidien, sont une nouvelle fois méprisés. Pourtant, dans un contexte d’accroissement majeur du trafic routier et d’asphyxie de notre territoire, le chantier du CDG express n’apparait pas comme une priorité. Le RER B et ses 900 000 voyageurs par jour, (36 fois plus que le CDG Express et l’équivalent de 1800 TGV), qui voyagent dans des trains bondés et des infrastructures vétustes ne peuvent plus attendre. L’urgence est à la rénovation des lignes actuelles du RER B.

En matière de transports publics, la priorité va également à la réalisation de la ligne 17 Nord du métro du Grand Paris, repoussée à 2030. Elle réduirait pourtant drastiquement la congestion routière dans le corridor allant de Saint-Denis à l’aéroport Charles-de-Gaulle et offrirait des conditions de transport de qualité pour les milliers de salariés de la zone aéroportuaire, premier pôle économique d’Ile-de-France. C’est également une exigence écologique forte à l’heure de l’ouverture future du terminal T4, qui accueillera 30 à 35 millions de voyageurs supplémentaires.
Le CDG express, qui transportera 17000 voyageurs par jour pour 24 euros sans marquer d’arrêt en Seine-Saint-Denis, n’apporte pas les réponses attendues aux enjeux posés par la thrombose dans le Nord-est de l’Ile-de-France. Priorité doit être donnée aux transports du quotidien.




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