« VINGT-TROIS ÉTRANGERS ET NOS FRÈRES POURTANT »

21 février 2019 0 Par Francois Asensi
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En ces temps troublés par la résurgence d’actes et de discours à caractère racistes et antisémites, les vers du grand poète Louis Aragon publiés dans le journal l’Humanité le 5 mars 1955 prennent un sens particulier. Cette strophe de génie symbolise l’importance de l’engagement des combattants étrangers dans la Résistance Française.

Membres des Francs-tireurs et Partisans – Main-d’œuvre Immigrée (FTP-MOI), organisation instituée par le Parti Communiste Français, les combattants du groupe Manouchian étaient Arméniens, Espagnols, Italiens, Roumains, Hongrois, Polonais… Ils étaient juifs, communistes, antifascistes, membres des Brigades Internationales… D’horizons différents, ils avaient pour point commun leur farouche volonté de combattre la haine et de défendre la liberté.

Principale force armée d’opposition aux Allemands en région parisienne après de nombreuses arrestations dans les rangs de la Résistance, le groupe Manouchian sortira de l’anonymat à travers la tristement célèbre « Affiche rouge ».

Ils seront arrêtés le 16 novembre 1943 après des mois de filature menée conjointement par les forces allemandes et la police française et fusillés le 21 février 1944 au Mont Valérien. Olga Bancic, seule femme du groupe, est transférée en Allemagne et sera décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944. Les membres du groupe Manouchian marqueront à jamais l’histoire de la Résistance en France. A la sortie de sa parodie de procès, véritable outil de propagande contre la Résistance, le 15 février 1944, Missak Manouchian déclare : « Vous avez hérité de la nationalité française, nous l’avons mérité. Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand ».

75 ans après la disparition des membres du groupe Manouchian, faire vivre leur mémoire est essentiel. Rendre hommage à ces combattants de la liberté, figures de la Résistance, n’est pas une commémoration uniquement tournée vers l’Histoire, mais bien vers notre présent et notre avenir. Je vous invite à venir honorer leur mémoire aux côtés des élus de la municipalité et des organisations d’anciens combattants, samedi 23 février prochain à 11h, place Missak Manouchian au Bois-Saint-Denis.


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