URGENCES A L’HÔPITAL ROBERT BALLANGER : MADAME LA MINISTRE, DONNEZ AUX PERSONNELS LES MOYENS DE SOIGNER !

15 février 2019 0 Par Francois Asensi
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Je me suis rendu hier matin à l’hôpital Robert Ballanger pour rencontrer le personnel des Urgences. Il n’est pas encore midi et pourtant, 22 lits d’hospitalisation sont en attente dans les couloirs du service. Parmi ces patients, 14 n’ont pour le moment aucune solution de transfert dans un autre service de l’hôpital, faute de lit disponible.

Le service, en tension permanente, ne dispose que de 8 infirmières pour prendre en charge plus de 200 patients par jour. Un chiffre alarmant qui tombe même à 6 pour l’accueil de nuit. Sur les 33 médecins que comptait le service, 10 sont partis depuis fin 2016 sans être remplacés. Le nombre de médecins de garde est resté inchangé depuis 18 ans alors le nombre de patients a doublé, passant de 35 000 à 75 000 en 2018. Si le service tient encore debout, c’est grâce aux femmes et aux hommes qui font preuve d’un dévouement sans faille au service de la population, le plus souvent au détriment de leur vie personnelle. On ne compte plus les arrêts de travail et les burnouts !

Mardi dernier, le personnel paramédical du service a déposé un préavis de grève pour alerter sur les conditions de travail insoutenables auxquelles sont confrontés quotidiennement les agents hospitaliers dans l’exercice de leur mission de service public. Les urgences sont au bord de l’asphyxie ! Pour les professionnels de santé, la logique comptable imposée aux tutelles par le gouvernement Macron et la recherche constante de mesures d’économies devient insoutenable : elle pousse les agents au découragement et altère profondément le sens de leur travail.

Alors que le service a reçu la visite ces derniers mois du Premier ministre Edouard Philippe et de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, leurs demandes légitimes pour obtenir des moyens supplémentaires sont restées lettres mortes. Les différents courriers que j’ai adressés à la ministre de la santé comme Président du conseil de surveillance de l’hôpital sont restés sans réponse. Qu’attendent les pouvoirs publics pour stopper l’hémorragie ?

Si le dialogue a été engagé avec la direction de l’hôpital et que des mesures provisoires ont été prises jusqu’en avril, les conditions de travail insoutenables dans lesquelles les agents hospitaliers des urgences exercent leur mission de service public nécessitent des mesures fortes et durables. Sans moyens humains et matériels supplémentaires, le plan de modernisation des Urgences cofinancé par l’Agence régionale de santé (ARS) ne sera pas efficace !


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