N’oublions pas la lutte des peuples noirs pour leur libération

11 mai 2007 4 Par Francois Asensi
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En compagnie de Gelita Hoarau, Sénatrice de la Réunion

En compagnie de Gelita Hoarau, Sénatrice de la Réunion

Dans le cadre de la Journée nationale de l’Abolition de l’esclavage et de la traite négrière, j’ai voulu que Tremblay organise une soirée en mémoire des luttes héroïques des peuples noirs. Nous avons eu l’honneur de recevoir, cette année, Gelita Hoarau, Sénatrice de la Réunion, dans un lieu hautement symbolique puisque la cérémonie s’est déroulée au gymnase Toussaint-Louverture. François-Dominique Toussaint Louverture est un esclave affranchi, devenu chef de la rébellion en 1791 à Saint-Domingue avant de devenir en 1796, général de la République française. Des soutiens chaleureux nous sont aussi parvenus de Paul Vergès, Président du Conseil régional de la Réunion, Huguette Bello, Députée de la Réunion et Ernest Moutoussamy, Maire de Saint-François.

Comme je l’ai dit hier, « commémorer l’abolition de la traite et de l’esclavage ce n’est pas cultiver une mémoire particulière. C’est célébrer une victoire de tous, de la communauté humaine tout entière, de l’universalisme.» C’est pourquoi la tentative de réhabilitation colonialiste visant à imposer le « rôle positif » de la France Outre-mer dans les programmes scolaires était inacceptable. Reconnaître le crime contre l’humanité, comme l’a proposé la loi Taubira que j’ai eu l’honneur de voter, ce n’est pas de la repentance ni de la haine de soi. Il ne s’agit pas de culpabiliser le peuple français comme le prétend le nouveau président de la République.

Un public concerné à Toussaint-Louverture

Un public concerné à Toussaint-Louverture

Il ne faut pas oublier que si l’esclavage fut aboli définitivement en France le 27 avril 1848, par Victor Schoelcher, sous-secrétaire d’Etat, l’histoire n’en a pourtant pas fini avec l’exploitation et le mépris racial. Notre combat doit continuer à travers la lutte contre les discriminations, contre les stigmatisations, contre toutes les formes de l’exploitation et de l’esclavage moderne. Contre également le projet « d’immigration choisie » qui veut légaliser sans aucune honte le pillage de l’élite des pays pauvres, déjà saignés par des siècles d’esclavage et de colonialisme. Alors que les inégalités mondiales s’accroissent, il nous promet toujours plus de compétition et de dureté là où il nous faudrait la solidarité du co-développement.

Je veux aussi rappeler que les ultramarins ont des demandes légitimes et des droits à défendre. A ce titre, l’égalité dans l’accès à l’emploi et au logement et la reconnaissance culturelle demeurent des priorités. Faut-il rappeler la présence et le rôle dynamique qu’ils occupent dans nos services publics, dans nos collectivités, dans le secteur associatif et culturel ? Non seulement les descendants d’Africains déportés ont toujours fait partie de notre humanité mais ils nous ont livrés leur génie propre dans tous les domaines. N’oublions jamais que l’Afrique en elle-même est un extraordinaire territoire de cultures et en particulier de cultures des origines.

Cette lutte pour l’égalité des droits, pour l’universalité du genre humain nous concerne tous. Lorsque les droits de quelques uns sont visés, ce sont les droits de tous qui, à terme, sont menacés. Nous devons donc continuer à la mener tous ensemble. C’est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, je continuerai à défendre, en tant que Maire et tant que Député, les conquêtes de l’égalité, de la solidarité, de l’universalité pour une société plus juste et plus fraternelle.


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